E. Larnax (cercueil) de Philippe II de Macédoine.

Du VIIème au Vème siècle : la période des deux guerres.

Comme nous l’avons mentionné dans la première partie, la zone géographique de la Macédoine moderne était sujette à d’incessantes guerres dans l’Antiquité. Polyen15 rapporte une guerre entre la tribu illyrienne des Taulantiens et les Macédoniens lors de la première moitié du VIIème siècle. Au VIème siècle les Thraces et les Illyriens ravagèrent la Macédoine sous le règne d’Aéropos, celui-ci parvint finalement à les chasser. C’est l’arrivée des Perses (Achéménides) qui mit temporairement un terme aux conflits internes. En effet, le royaume de Macédoine devint, sous Amyntas, vassal de l’empire Perse de Darius. C’est sous le règne d’Alexandre 1er, fils d’Amytnas, que débutent les guerres médiques (490 à 479). Les Grecs et les Macédoniens s’unirent pour défaire les Achéménides. Alexandre 1er joua un rôle important dans cette lutte ; il agit comme médiateur entre le monde grec et le monde perse, fournissant des informations aux Grecs pour remporter des victoires. À la fin de la guerre contre les Achéménides, la Grèce connut alors un âge d’or : la période classique. La culture grecque fut en pleine effervescence ; à Athènes, la démocratie est mise en place, des penseurs et des philosophes virent le jour ; elle fut aussi l’époque des dramaturges (Eschyle, Sophocle, Euripide). Cet élan aura une importance cruciale pour ce qui allait suivre, notamment par l’influence de la civilisation grecque dans les régions limitrophes. Après la guerre du Péloponnèse opposant Athènes et Sparte (431 à 404), la culture grecque connait une période de décadence. Parallèlement, les tribus dites « barbares » se développent, elles deviennent politiquement et militairement puissantes et les colonies grecques ne sont plus acceptées comme auparavant. C’est dans cette dynamique que se démarquent les Épirotes, les Illyriens et les Macédoniens, qui forment aussitôt des royaumes mieux organisés.

15. Écrivain macédonien du IIème siècle après J-C.

Du IVème siècle à la mort de Philippe II (336)

Après les guerres médiques et la guerre du Péloponnèse, les guerres fratricides des peuples barbares purent reprendre leur cours. C’est par ailleurs le roi de la tribu illyrienne des Enchéliens, Bardylis (Bardhyl, en albanais) qui ouvra les hostilités. Il domina les autres tribus illyriennes, formant ainsi le royaume d’Illyrie et faisant de Shkodër la capitale de son fief. En 383, Bardylis conquit l’Épire puis finalement la Macédoine de Amyntas III. Ce dernier, pour un traité de paix en vint à épouser Eurydice, une princesse illyrienne. C’est le fils né de l’union de ces derniers : Philippe II de Macédoine qui parviendra à reconquérir son Royaume. C’est par ailleurs au combat contre Philippe II que Bardylis est tué en 356. On suppose que c’est à ce moment-là qu’est fondé le royaume de Dardanie. À la mort de Bardylis, le royaume illyrien est réduit. C’est le fils de ce dernier, Clitos, qui hérita de la Dardanie. Conernant Philippe II, celui-ci nourrit les mêmes intentions d’expansion que Bardylis. Après avoir soumis une partie de la Thrace et de l’Illyrie, il parvint à conquérir la Grèce et imposa la ligue de Corinthe16 lui assurant son hégémonie sur le monde grec. Philippe II devint le porte-drapeau de l’hellénisme et adopta la koinè, la langue commune des grecs. Alors qu’il préparait une campagne pour envahir l’empire Perse, il est assassiné par un de ses officiers. Pour son fils, Alexandre III (le Grand) : les portes lui sont ouvertes pour accomplir le dessein de son père. Voici ce que nous dit Diodore de Sicile sur Philippe II :

« Philippe fut roi des Macédoniens vingt-quatre ans et après avoir connu des débuts très modestes il fit de son royaume le plus grand de tous en Europe ; il avait reçu la Macédoine esclave des Illyriens et se rendit maître de nombreux et grands ethnè et cités. […] Quand il eut conquis par la guerre Illyriens, Péoniens, Thraces, Scythes et tous les ethnè dans leur voisinage, il projeta de renverser l’Empire perse. »

 (P. 164-165 – Citation de Diodore de Sicile par Pierre Cabanes) – Les Illyriens, de Bardylis à Genthios (IVème-IIème siècle avant j-C).

Rappelons que pendant la guerre du Péloponnèse, les régions barbares se fortifièrent. En Macédoine, c’est Archélaos 1er qui développa son armée et construisit des routes nous apprends Hérodote. Avec l’arrivé de Philippe II au pouvoir, le royaume de Macédoine se dota d’un autre visage. Même si Alexandre le Grand fera du royaume de son géniteur un empire, Philippe II restera le père symbolique de la Macédoine antique. Les sources historiques à son sujet abondent davantage et c’est son royaume qui représente aujourd’hui par ce qu’on entend être la Macédoine de l’Antiquité.

Amyntas III, le père de Philippe II, fit de Pella la nouvelle capitale de la Macédoine. Avant cela la capitale fut Aigéai. C’est aujourd’hui la ville de Vergina (à 80 km au sud-ouest de Thessalonique) qui abrite le site antique d’Aigéai. En 1977, des fouilles archéologiques y furent opérées. On y découvrit 11 tombes dont celle de Philippe II. (Voir image E, ci-dessus). Philippe II est connu pour avoir été borgne suite à une blessure sur l’arcade de l’œil droit. Le crâne découvert présentait un traumatisme similaire. Le soleil gravé sur le larnax deviendra le symbole de la dynastie des Argéades. Le soleil de Vergina figure aujourd’hui sur le drapeau de la région grecque de Macédoine (voir l’image 1 du diaporama). En 1992, la Macédoine-slave le transpose également sur son drapeau national (voir l’image 2 du diaporama). Suite à une première plainte des Grecs, il fut rapidement changé par le drapeau que nous connaissons aujourd’hui (voir l’image 3 du diaporama).  

16. La ligue de Corinthe est une alliance des villes grecques, à l’exception de Sparte, que Philippe II parvint à imposer dans le but d’envahir l’empire perse.

Alexandre le Grand et les diadoques. (De 336 à 168)

F. L’empire d’Alexandre le Grand avant sa mort en 323.

Raconter ici l’histoire d’Alexandre le Grand en quelques lignes serait impossible tant ce personnage a été abordé par les historiens. Voici l’essentiel utile pour la compréhension de cet article. À la mort de son père, Alexandre parvint à contenir les révoltes thraces, illyriennes et dardaniennes, il en vint même à les dominer et à étendre sa domination sur les terres illyriennes. Le royaume de Dardanie quant à lui sera épargné par Alexandre le Grand. Après s’être assuré sa sécurité avec ses voisins et ayant obtenu le soutien des cités grecques déjà soumises par son père, Alexandre le Grand s’orienta vers l’empire perse. En un peu moins de 10 ans, il parvint à conquérir l’empire perse et se rendre même aux confins de l’Inde. À sa mort le 11 juin 323, son immense empire est partagé par ses généraux : les diadoques. Son enfant, Alexandre IV, dans le ventre de son épouse Roxane, est déjà élu par les diadoques, prétendant au trône de Macédoine.

Pour les Grecs, les victoires d’Alexandre le Grand sont une renaissance culturelle de l’hellénisme depuis le déclin de celui-ci, dû à la guerre du Péloponnèse. Nous ne connaissons pas les réelles intentions de Philippe II et de son fils. Voulaient-ils redorer le blason de la culture grecque ou bien obtenir une légitimité pour mener leurs quêtes ? Nous pouvons constater que les régions dites « barbares » ont souvent souhaité se faire une place dans le monde grec. Alexandre 1er déjà souhaitait participer aux jeux olympiques ; compétition pouvant être pratiquée uniquement par les Grecs. Alexandre 1er put cependant y concourir car sa mère était originaire d’Argos17. Bien que les Grecs furent très à cheval concernant leur identité et leur rang, il y eut parfois des exceptions dévoilant que le monde grec n’était pas aussi hermétique que nous puissions le croire. Par ailleurs, la ville d’Alexandrie (aujourd’hui en Égypte) est un exemple de prolifération de l’hellénisme. Conquise par Alexandre le Grand, elle deviendra la plus grande ville du monde grec. Bien que les auteurs grecs de l’Antiquité considérèrent les Macédoniens comme des barbares, Alexandre le Grand et son empire devinrent grecs aux yeux des Grecs.   

Lorsqu’Alexandre le Grand débuta sa quête en Asie, c’est Antipater qui devint le régent du royaume antique et ceci jusqu’à sa mort en 319. Pella se transforma alors en une scène sanglante pour la prise du pouvoir ; une guerre des diadoques éclata. C’est le fils d’Antipater, Cassandre qui se démarqua en prenant le pouvoir en 317. Ce dernier fera tuer Olympias, la mère d’Alexandre le Grand, et tiendra en otage Roxane et Alexandre IV. Dans le but de d’obtenir la légitimité du trône de Macédoine, Cassandre épousa la fille de Philippe II, Thessaloniké. C’est par ailleurs en son honneur que son époux fondera la ville de Thessalonique. Cassandre doit lutter contre des révoltes thrace et illyrienne et faire face aux diadoques. Après s’être assuré le soutien de la Grèce et renforcé son pouvoir, Cassandre fit tuer Roxane et Alexandre IV, alors âgé de 13 ans. Cassandre mourut en 297 tandis que la guerre des diadoques continuait de faire rage en Macédoine. C’est le roi épirote Pyrrhus qui parvint à conquérir la Macédoine et se proclamer roi en 288. Pourtant, c’est le diadoque et roi de Thrace Lysimaque, qui le délogera en 285. Pyrrhus s’y prendra une deuxième fois, envahissant la Macédoine en 274. Il sera chassé, cette fois, par Antigone II Gonatas, petit-fils d’un diadoque, ce dernier s’installera durablement sur le trône de Macédoine tout en conservant une certaine prospérité jusqu’en 239. Pourtant, de l’autre côté de l’Adriatique, en 272, la cité grecque de Tarente tombe aux mains d’une nouvelle puissance. Celle-ci posera, un demi-siècle plus tard, une tête à Corfou puis en Épire. En 168, elle viendra mettre un terme aux rivalités dans le sol Balkanique et parviendra à s’y établir pendant plusieurs siècles. Il s’agit de l’Empire romain. Celui d’occident jusqu’en 395 après J-C, puis celui d’Orient jusqu’en 1453 après J-C, ouvrant ainsi une nouvelle page, non moins complexe que la précédente, dans l’histoire des peuples des Balkans. 

G. Royaumes des diadoques en 301.

17. Hérodote. L’enquête, livre V, chapitre 22.

Projet Skopje 2014

Les premiers slaves sont venus s’installer dans les Balkans à la fin du VIème siècle. Le royaume de Macédoine n’existait déjà plus depuis près de huit siècles. Cet article ne dévoile pas si le nom de Macédoine a été réutilisé après la romanisation des Balkans ou par la suite, comme il fut le cas pour les provinces illyriennes de Napoléon. Nous pouvons déjà répondre que le seul lien qui unit la Macédoine-slave à la Macédoine antique est ce territoire faisant partie du royaume de Philippe II qui a été attribué à la Serbie18en 1913 suite au Traité de Londres (voir carte B de la 1ère partie). Mis à part cela, il n’y a aucun lien culturel, linguistique ou historique faisant des Macédoniens-slaves des héritiers des Macédoniens antiques. C’est Tito, le chef de la Yougoslavie communiste après la seconde guerre mondiale, qui créa cette nouvelle République au sein de la Yougoslavie. Rexhep Qosja dira que le but de cette action est de diviser les Albanais de Yougoslavie dans plusieurs républiques (Serbie, Macédoine et Monténégro) afin de complexifier la volonté d’union et de révolte des Albanais19. La Macédoine-slave de Tito devient indépendante suite à l’éclatement de la Yougoslavie en 1991. Sur la scène internationale, l’amalgame du nom pose problème à la Grèce. Pourtant, les Macédoniens-slaves ne se considéraient pas comme descendants des Macédoniens antiques, mais des Serbes ou des Bulgares. Le tournant décisif aura lieu en 2006 lorsque le parti politique de Nikola Gruevski (VMRO-DMPNE : Parti démocratique pour l’unité nationale macédonienne) gagne les élections. Dès lors, le gouvernement lancera un processus d’antiquisation. En 2006, l’aéroport de Skopje est rebaptisé « Alexandre le Grand » anciennement « Aéroport de Petrovets ». La route principale à la frontière grecque est appelé « route Alexandre de Macédoine ». En 2009, le stade de Skopje est baptisé : « stade Philippe II ». À Manastir (Bitola), une statue de Philippe II est érigée. Un autre point décisif a lieu en 2009, lorsque le gouvernement décida d’investir 207 millions d’euros dans le projet Skopje 2014.  À partir de 2010, une vingtaine d’édifices sont rénovés ou construits. Des nouveaux ponts sont bâtis, dont celui des civilisations, orné par 28 statues représentant des personnages de l’Antiquité (voir la photo 4 du diaporama) et la statue surplombante de 22 mètres d’Alexandre le Grand est érigée sur la place centrale de Shkup (voir la photo titre de la 1ère partie).

Renommer des bâtiments et des statues ne fait pas des Macédoniens-slaves les descendants des Macédoniens de l’Antiquité. Pourtant l’antiquisation ne s’arrête pas là, un nouveau tome de l’Histoire du peuple Macédonien-slave est publié, financé par le gouvernement ; il atteste que les Macédoniens-slaves sont les descendants de la dynastie des Argéades et non plus des Slaves. En 2009, Ivica Bocevski, le vice-premier ministre en charge de l’intégration européenne a déclaré : « Nous avons besoin d’une version de l’histoire dans le but d’équiper les Macédoniens pour le XXIème siècle ». Les dirigeants macédoniens montrent clairement leurs intentions de façonner une nouvelle identité pour leur pays. Cela crée des tensions non seulement avec les Grecs, mais aussi avec les Macédoniens-slaves eux-mêmes, qui ne se reconnaissent pas dans cette nouvelle identité. Une tension du même ordre existe avec les Albanais de la Macédoine-slave qui représentent 25,17% de la population du pays20. Ceux-ci ne soutiennent pas ses constructions et sont mis à l’écart. Voici ce que déclare dans une interview Sam Vaknin, l’ancien conseiller du premier ministre Nikola Gruevski : « l’antiquisation est un projet de construction pour la nation qui est essentiellement anti-albanais, plutôt qu’anti-grec ou anti-bulgare ». Il ajoute que : « L’antiquisation a un double objectif : celui de marginaliser les Albanais et de créer une identité qui ne permettra pas aux Albanais de devenir Macédoniens. » Ceci est confirmé lorsque l’Académie des sciences de Macédoine publie une encyclopédie qui présente les Albanais comme des colonisateurs.21

18. La Serbie, la Croatie et la Slovénie formeront la Yougoslavie en 1928.
19. P. 171-174. Rexhep Qosja – La question albanaise.
20. Source officielle du site web de l’État de Macédoine.
21. Voir l’article de Boris Georgievski : http://www.balkaninsight.com/en/article/ghosts-of-the-past-endanger-macedonia-s-future

Conclusion

Le gouvernement Macédonien-slave projette de se développer en écartant de la scène sa minorité albanaise. Shkup devient alors ironiquement une cité macédonienne de l’Antiquité pour la première fois après 2300 ans. Cependant, cette ville comme nous avons pu le voir n’a jamais été en possession du royaume de Macédoine, ni sous Philippe qui étendit son royaume, ni sous Alexandre le Grand qui en fit un empire. Shkup dans l’Antiquité faisait partie intégrante du royaume illyrien de Dardanie. Elle en fut même la capitale de ce royaume après le IIème siècle. Alliés des Romains, les Dardaniens les aidèrent à conquérir les Macédoine. Le royaume de Dardanie resta indépendant jusqu’en 76 lorsqu’ils se révoltèrent et envahirent des provinces romaines. Les Dardaniens furent déchu par les légions romaines de Scribonus Curio, mettant ainsi fin au royaume de Dardanie. Voici une citation de Pierre Cabanes sur ce royaume.

 « Le bassin de Skopje marque le début du territoire des Dardaniens qui s’étend jusqu’à Nis au Nord, et de Novi Pazar à l’Ouest jusqu’à Bela Palanka au Nord-Est ; Ils sont mentionnés pour la première fois dans l’histoire à l’époque de Philippe II de Macédoine, lors d’une campagne de ce roi contre les Illyriens par Justin et aussi par une inscription d’Oleveni. Ce peuple est rattaché par la tradition ancienne aux Illyriens, d’après Strabon et Appien, mais l’onomastique présente des caractères qui ne sont pas illyriens mais plutôt thraces et celtes […] Les Dardaniens constituent, en fait, la zone de contact, ou la zone tampon entre Illyriens et Thraces. »22

 (P.50-51) Pierre Cabanes – Les Illyriens, de Bardylis à Genthios (IVème-IIème siècle avant j-C)

Pour les Grecs modernes, l’antiquisation de la Macédoine-slave est une usurpation. Pour eux la Macédoine fut simplement grecque, par ailleurs la plus grande partie du territoire antique de Macédoine se trouve aujourd’hui sur le sol grec, notamment dans la région qui porte son nom. Nous avons vu que Philippe II adopta la koinè et qu’Alexandre le Grand fut promoteur de la culture grecque dans l’empire perse. L’Antiquité présente systématiquement des peuples envahisseurs et des peuples envahis. Pourtant, il n’y a pas eu de peuple dans l’Antiquité balkanique qui fut davantage bourreau que victime. Cette dichotomie est utilisée à des fins protochronistes et politiques. S’il est un peuple qui a eu son ascendance sur les autres, il s’agit des Hellènes, et non par leurs invasions où leurs colonies, mais parce qu’ils étaient le centre de référence culturel dans les Balkans.23 Ceci joua un rôle considérable pour les autres régions dites « barbares » qui s’inspirèrent du modèle grec pour construire leurs cités et leurs civilisations. Selon Serge Métais, l’hellénisme se serait davantage proliféré sans l’intervention romaine. Les royaumes illyriens et thraces auraient au fil du temps vraisemblablement adopté la koinè. La romanisation des Balkans aurait donc été salutaire pour les Illyriens qui purent sauvegarder leurs langues, ce ne fut malheureusement pas le cas pour les Thraces. La Macédoine antique n’appartient pas exclusivement aux Grecs, nous avons constaté qu’elle se situait aux bastions de différents peuples qui ont coexistés pendant des siècles, qui se sont fait la guerre et par conséquent se sont mélangés. Nous avons vu que la mère de Philippe II, Eurydice, fut illyrienne ; une de ses femmes, Olympias fut épirote, d’autres furent grecques ou thraces. L’histoire des Macédoniens appartient avant tout aux Macédoniens, mais n’étant plus là pour la défendre, chaque peuple de nos jours essaie de s’attribuer sa paternité.

Aujourd’hui, les Macédoniens-slaves veulent justifier leur présence dans les Balkans. Quels touristes ne croiraient-ils pas en visitant Shkup que les Macédoniens-slaves sont les descendants des macédoniens antiques ? Pourtant, est-ce que les Turcs se veulent descendants des troyens puisque la cité antique se situe aujourd’hui sur leur sol ? Est-ce que les États-uniens se veulent descendants des Indiens d’Amérique ? Seules les complexités historiques dans les Balkans depuis l’Antiquité permettent de telles aberrations. Pourtant, les Albanais, descendants des Illyriens, auraient donc une plus grande légitimité que les Macédoniens-slaves à s’inscrire dans l’histoire de la Macédoine antique (Les 4 royaumes). Cela est un argument réfuté par les Slaves qui n’ont jamais admis que les Albanais soient les descendants des Illyriens. Et même s’il en fut le cas, la réalité est telle qu’aujourd’hui, les Albanais représentent plus d’un quart de la population totale macédonienne et qu’ils ne sont aucunement représentés culturellement dans ce pays qu’on voudrait faire croire le leur.24 Il est aujourd’hui préférable pour la classe politique macédonienne-slave d’investir 207 millions d’euro pour légitimer leur présence que de régler les contentieux avec la minorité albanaise qui nécrosent la stabilité du pays et de la région.

22. L’onomastique est l’étude des noms des personnes et des lieux.
23. Le Protochronisme est l’action d’attribuer à un peuple, par un lien direct, des racines antiques.
24. Voici une anecdote personnelle : en 2013, après la visite des ruines du château de Shkup ; sur la demande d’un ami et moi-même, le guide Macédonien-slave nous accompagna jusqu’à l’emplacement où se trouvait la maison de Mère Teresa. Chemin faisant, nous avons dû insister à trois reprises pour qu’il admette enfin que la religieuse fut albanaise. Arrivés sur les lieux une plaque commémorative lui rendait hommage en deux langues : en macédonien-slave et en anglais. (Voir la photo 6 du diaporama).

La Macédoine antique (1/2)

Galerie

Bibliographie

Ouvrages :

  • L’Enquête, Livre I à IV, édition d’Andrée Barguet – HÉRODOTE – 1964, Gallimard.
  • L’Enquête, Livre V à IV, édition d’Andrée Barguet – HÉRODOTE – 1964, Gallimard.
  • La guerre du Péloponnèse, édition de Denis Roussel – THUCYDIDE – 1964, Gallimard.
  • Histoire – POLYBE – 1970, Gallimard.
  • Les Illyriens, de Bardylis à Genthios (IVème-IIème siècle avant j-C) – Pierre CABANES – 1988, Sedes, Regards sur l’Histoire.
  • Un pays inconnu, la Macédoine – George CASTELLAN – 2003, Armeline.
  • Histoire des Balkans (XIVème-XXème siècle) – Georges CASTELLAN – 1999, Fayard.
  • Histoire de l’Albanie et des Albanais – Georges CASTELLAN – 2002, Armeline.
  • Histoire des Albanais (des Illyriens à l’indépendance du Kosovo) – Serge MÉTAIS – 2006, Fayard.
  • Albanie (Histoire et langue) ou l’incroyable odyssée d’un peuple préhellénique – Mathieu AREF – 2003, Mnémosyne.
  • Grèce (Mycéniens = Pélasges) ou la solution d’une énigme – Mathieu AREF – 2004, Mnémosyne.
  • L’énigme – Robert D’ANGÉLY – 2010, Globus R.
  • La question albanaise – Rexhep QOSJA – 1995, Fayard.
  • Kosova (Antika, Mesjeta) – Jusuf BUXHOVI – 2012, Faik Konica.

Sites :

  • http://www.macedonian-heritage.gr/
  • http://gw.geneanet.org/ptillier1?lang=fr;p=caranos;n=de+macedoine
  • http://fabpedigree.com/s020/f000275.htm
  • http://www.antikforever.com/Grece/Macedoine/macedoine_b.htm
  • http://www.antikforever.com/Grece/Macedoine/cassandre.htm
  • http://www.courrierdesbalkans.fr/le-fil-de-l-info/skopje-2014-le-cout-faramineux-des-travaux.html
  • http://www.balkaninsight.com/en/article/ghosts-of-the-past-endanger-macedonia-s-future
  • http://www.bbc.com/news/magazine-28951171
  • http://www.balkaninsight.com/en/gallery/skopje-2014
  • http://www.mfa.gov.mk/index.php/mk/?q=node/162&language=en-gb
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