Par une nuit d’été la bouclée vagua,
Une lecture sur la toile, elle l’alpagua.
Le fou épris ailleurs, d’elle s’en sustenta,
Messages puis appels, la musique ainsi débuta.

Le bienheureux chantonnait des airs avec sa voix,
La bouclée dansait et riait, avait-elle fait son choix ?
Du confins de Vaud à la cité de Calvin au téléphone,
Si loin mais proche, nul couplet ne fut monotone.

Elle était là la belle et bouclée, la reine illyrienne,
Une caresse, un baiser, il la désirait aussitôt sienne.
Noble et puissant, le fou devint roi blotti contre elle,
Les refrains allaient et venaient, une ritournelle.

Parfois triste et rebelle, souvent tendre et merveille,
Jamais ville d’Albanie, après elle, ne sera plus pareille.
Facétieuse, éclairée, jolie et majestueuse comme un hêtre,
Le fou l’aimait de tout son être ; et elle, peut-être.

Du fou blême de désespoir au fou noir amoureux,
Le fou demeure et meurt fou ce malheureux.
Aimant une boucle, un rire, une note, un frisson,
Hélas, les ébats du joyeux concert prirent fin à l’unisson.

Les sérénades d’un pitre envolées d’un revers, d’un souffle,
De vocalise en tremolo le pauvre cœur s’essouffle.
Silence absolu, les chœurs se sont tus, l’opéra qu’il aime,
Ne s’achève point, mais laisse place au sombre requiem.

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