Edon Duraku

Pourquoi je ne boycotterai pas le mondial au Qatar :

Dans le milieu modeste dans lequel j’ai grandi le football oeuvre à créer du lien au sein de la famille. Regarder un match de football avec mon père est un moment absolument privilégié car il s’agit là de mon unique lien avec lui. En effet, cela nous unis tous les deux le temps de 90 fugaces petites minutes. Lors de ces moments, nous pouvons enfin dialoguer et échanger. Ainsi les phrases comme : « Va me chercher une bière » ; « Passe-moi les cacahuètes » ou encore « Mais qu’est-ce qu’il est fort Lionel Messi ! » nous permettent de communiquer l’un avec l’autre et de nous porter mutuellement affection. Me priver d’un événement comme la coupe du monde signifierait ainsi à devoir renoncer à des heures de merveilleux moments de partage avec lui. Au fond de moi je ne suis pas un fan de football, ce que je cherche avant-tout c’est l’espoir de trouver cette affection qui m’a tant manqué lors de mon enfance. Plus je regarde de matchs de foot avec mon père et plus j’ai l’impression qu’il me fait des câlins en étant petit.

Évidemment que je soutiens toutes les personnes et les organisations qui boycottent le mondial au Qatar. Il s’agit là d’une noble cause, mais aussi d’un privilège auquel je ne peux pas me résoudre. J’espère que vous respecterez mon choix.

Amicalement.

Edon, enfant-meurtri.

Edon Duraku
11.10.2022