Mes premiers souvenirs d’une coupe du monde en 1994 aux USA, j’avais 9 ans.
Je me souviens que c’était la première fois que j’entendais le nom de Maradona et que je le voyais aussi la première fois à la télévision. Ce jour-là il ne jouait pas, car il avait été exclu pour dopage. Pendant un match de l’Argentine, le réalisateur avait fait un plan sur lui et je me souviens que mon père m’avait dit : « Voilà c’est lui Maradona ! » Il était assis dans les tribunes, il avait le menton relevé et portait de sombres lunettes de soleil. C’est aussi la première fois que j’ai entendu parler de drogue. Ce qui est horrible, c’est que depuis ce jour-là j’ai toujours associé Maradona à la drogue. Et pourtant ce drame autour de Maradona, le fait notamment qu’on le décrive comme le plus grand joueur de football et que je ne puisse pas le voir jouer, l’avait rendu fascinant et mystérieux.
Je me souviens aussi de Romario, Bebeto et Mazinho qui célébraient un but en mimant le bercement d’un bébé.
Je me souviens de la coupe de cheveux complètement folle du joueur colombien Valderrama.
Je me souviens du pénalty raté de Roberto Baggio qui marqua la victoire finale du Brésil.
Je me souviens enfin qu’à la fin du match nous sommes sortis avec mes parents pour voir les Brésiliens fêter la victoire. Nous habitions alors à la rue de la Servette et j’étais surpris de voir autant de Brésiliens dehors.
J’ai retrouvé des images de ces souvenirs sur internet. J’ai même dû me retaper des extraits du match Argentine-Roumanie pour retrouver la tête de Maradona pendant le match.
La coupe du monde 1998 en France sera la première que j’ai suivi de bout en bout et celle dont je garde forcément des souvenirs très clairs.
Puis un jour en 2003, mon frère est venu vers moi pour me dire : « Il y a un joueur argentin de 16 ans à Barcelone, tout le monde dit que c’est le nouveau Maradona, il s’appelle… » Je n’avais pas complètement cru mon frère à l’époque, mais c’était la première que j’entendais le nom de MESSI.






